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BETAR TAGAR DE FRANCE
Le sionisme par passion, le judaïsme avec fierté
  
"Ce n'est rien,qu'il est bon de mourrir pour sa patrie!"

L'histoire de TEL HAI Fin septembre 1919, l'armée britannique qui occupe la Palestine évacue le nord de la Galilée qui revient théoriquement aux Français. Ceux-ci tiennent solidement le littoral jusqu'à Sidon, mais commencent à battre en retraite devant les guerriers bédouins, discrètement soutenus par les Anglais, dans cette région frontalière où au milieu de villages arabes chrétiens plutôt favorables aux Français, se trouvent quatre colonies juives : Métulla (deux cents habitants), Kfar Guiladi (dix-sept anciens de l'Hachomer), Tel Haï (dix-sept travailleurs agricoles) et Hamara (quatorze fermiers en coopérative). En pourchassant les soldats français qui, dans leur fuite désordonnée, cherchent parfois refuge chez l'habitant, les bédouins s'en prennent tantôt aux villageois chrétiens, tantôt aux colonies juives qu'ils soupçonnent de les abriter. Le 4 janvier 1920, ils incendient la coopérative de Hamara, abandonnée en catastrophe par ses membres. Les colons rassemblés le lendemain à Kfar Guiladi décident de se maintenir sur place, quitte à faire feu sur ceux qui déserteraient leur poste de garde. Trumpeldor, venu leur prêter main-forte avec un lot d'armes clandestines, entraîne au tir les ouvriers agricoles de Tel-Haï et fait mettre les trois colonies restantes en position de défense. La débandade française entraînant un redoublement de l'agressivité bédouine, il demande des renforts au Comité sioniste de Tibériade. En vain. Le lundi 29 février, il apprend à Kfar Guiladi que des centaines d'Arabes encerclent Tel-Haï, à la recherche de soldats français. Il y accourt à la tête de neuf "camarades" armés, et accepte d'accompagner, à l'intérieur de la ferme fortifiée, l'officier bédouin Kamel Effendi, son cousin et trois de ses hommes, pour faire la preuve de la neutralité de ses défenseurs. Il redescend dans la cour, laissant les cinq combattants arabes poursuivre leur fouille à l'étage. Mais quand ceux-ci tentent d'y désarmer de force les défenseurs juifs, il est le premier à ouvrir le feu. La fusillade éclate simultanément au-dedans et au dehors. Kamel et ses hommes tirent de l'intérieur. De la cour, Trumpeldor met en fuite les Arabes bloqués devant la porte donnant sur l'extérieur, mais, blessé à sa seule main valide, il passe le commandement au berger Pinhas Shneersohn. Une deuxième balle l'atteint à l'abdomen. - Ce n'est rien ! crie-t-il en retenant ses intestins. Je ne voudrais qu'un bon pansement. Mais une troisième balle achève de lui déchirer le ventre. Deux de ses deux camarades le traînent à grand-peine à l'intérieur du bâtiment où on le panse avec une serviette. Partout des morts et des blessés. Dans la soirée, les agresseurs enfuis, on fait venir le Docteur Geri de Kfar Guiladi. C'est à lui que Trumpeldor a répondu dans un dernier souffle : - Ce n'est rien. Qu'il est bon de mourir pour sa patrie ! Transporté dans une couverture, il est pris de convulsions en cours de route et meurt à mi-chemin entre Tel-Haï et Kfar Guiladi. Jabotinsky donnera plus tard le nom de "Brit Trumpeldor" à son mouvement de jeunesse nationaliste, connu sous le nom de Bétar.