LA NAISSANCE DU MOUVEMENT
C'était deux ans après les massacres de 1921, un an après la première partition de Erets Israel, et trois ans après la mort de Trumpeldor à Tel Hai - en hiver 1923. Zeev Vladimir Evonovitch Jabotinsky, pendant une étape de sa tournée de conférence, visita Riga, en Lettonie. Le fondateur du Groupe d'Autodéfense Juif dans la Russie tsariste, l'organisateur de la Légion Juive pendant la première guerre mondiale, et le premier prisonnier d'Akko, recommande l'adoption par les sionistes d'un programme plus activiste. Il appelle à l'émigration massive vers Erets Israel et demande à la jeunesse Juive de montrer l'exemple . Peu après que Jabotinsky ait quitté Riga, plusieurs étudiants Juifs inspirés par ses propos, créèrent " l'Association de Trumpeldor ". Ils se consacrèrent à la formation d'une nouvelle Légion Juive qui pourrait conquérir Erets Israel. Un jeune homme local appellé Aaron Propes fut élu président de l'organisation. Une idée, un principe destiné à enflammer les esprits Juifs, et à allumer l'imagination de la jeunesse Juive comme elle ne l'avait jamais été auparavent, donna le nom de Betar. Ses principes sont simples et pourtant révolutionnaires : tout doit être consacré à la réalisation de l'idéal sioniste - un état Juif dans ses frontières historiques. Pendant que le Betar étend son influence à travers la Lettonie, Jabotinsky se rendit à Paris, où en 1924, il y établit l'Union Mondiale des Sionistes Révisionnistes, parti d'opposition au mouvement Sioniste Mondial. Pendant ce temps, à Riga, à la troisième conférence territoriale de l'Association Trumpeldor, les délégués décident de proposer au parti Révisionniste qu'ils annoncent la création d'un mouvement de jeunesse mondial appellé Brit Trumpeldor. L'idée était de faire du Brit Trumpeldor le mouvement de jeunesse officiel du parti Révisionniste. Cette même année, pendant la deuxième conférence mondiale des Sionistes Révisionistes à Paris, Aaron Propes présente la résolution du Betar. Elle fût acceptée avec enthousiasme. Pendant les trois années qui suivirent, le Betar s'installa en Autriche, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Lituanie, Allemagne, France et Israel. Le comité central du Brit Trumpeldor à Latvia servait de bureau mondial du mouvement.
LA DEFENSE DE JERUSALEM
Bien avant la date fatidique d'août 1929, beaucoup de signes avant-coureurs de troubles apparaissent. Sir John Chancellor a été nommé Haut Commissaire en Palestine. Il n'aimait pas les Juifs, et il s'opposa de toutes ses forces à l'établissement d'un foyer national Juif en Palestine. Chancellor propagea la rumeur que les Juifs voulaient détruire la mosquée d'Omar à Jérusalem pour y reconstruire le Temple de Salomon. Ses fonctionnaires persuadèrent les arabes de proclamer leur propriété sur le Kotel, sur lequel le droit des Juifs n'avait jamais été remit en question depuis des siècles. Les arabes eurent l'approbation de l'administration britannique en Palestine et ils commencèrent à persécuter systématiquement les Juifs qui se rendaient au Mur Occidental. On leur lançait des pierres, l'esplanade devant le Mur était recouverte intentionnellement de déjections des ânes appartenant aux arabes pendant l'office de Shabbat. Enfin, l'Administration britannique elle-même construisit une route a travers le Kotel lui-même afin de construire un raccourci vers la mosquée d'Omar pour les arabes! Les arabes pouvaient ainsi conduire leurs ânes en file interminable à travers le lieu le plus sacré des Juifs pendant des temps immémoriaux. Pendant Yom Kippour, les Juifs religieux durent placer une séparation pour se protéger des provocations arabes. Dès que le Gouverneur de Jérusalem le sût, il fit enlever la séparation. Les officiants étaient en train de réciter la Nehilah, la prière de fermeture de Yom Kippour, lorsque le fonctionnaire arriva. Agissant en parfait gentleman anglais, il interrompit violemment l'office et ôta la séparation. Naturellement, le Haut Commissaire était à ce moment là à Londres. Les autorités britanniques désarmèrent complètement les pionniers Juifs, sachant pertinemment que les arabes avaient prévu au 23 août 1929 leur Der Tag. Avec une sauvagerie incroyable, la police interrompit la procession d'un cortège funèbre qui accompagnait le cercueil d'un adolescent de dix sept ans poignardé mortellement par des arabes. Les arabes comprirent le message. Dans tous les coins du pays, les arabes déferlèrent sur Jérusalem avec des fusils, des couteaux et des bâtons, hurlant leur vieux cri de guerre : El Daula Manna (" le gouvernement est avec nous "). L'administration et la police ne firent rien. La loi martiale ne fut pas déclarée. Les pogromistes ne furent pas désarmés. Les Juifs étaient assassinés sous les yeux des officiels britanniques qui assistaient depuis les balcons du Government House. Le Haut Commissaire en fonction informa sans aucune compassion la délégation Sioniste qui venait implorer de l'aide qu'il avait reçu " l'ordre de ne pas tirer ". C'est à ce moment que le Betar intervint. Le Betar utilisa les armes qu'il avait cachées dans des abris pour défendre Jérusalem. Un groupe d'étudiants d'Oxford fit de son mieux pour redorer le blason de l'Angleterre et ils se rangèrent du côté du Betar. En vingt quatre heures, le calme était revenu dans la Ville Sainte. Les arabes se sauvèrent dans la confusion, et se retournèrent contre les colonies désarmées en dehors de Jérusalem. L'administration Palestinienne se accusa les défenseurs de Jérusalem de possession illégale d'armes et de " meurtriers ". Mais le complot visant à transformer Jérusalem en cimetière pour les Juifs fut déjouer. Depuis cette date de 1929, et jusqu'en 1946, lorsque l'Irgoun reprit la responsabilité, La Plougat HaKotel du Betar, le peloton du Kotel, défendit le Mur Occidental et le sécurisa pour tous les Juifs se rendant sur le site de l'ancien Temple.